Quand Laura, un amour de jeunesse devenu SDF, est venue lui parler de cette « peste des pauvres » qui semblait s’attaquer aux quartiers Nord de la ville, Clovis Narigou n’a pas immédiatement réagi. Les pauvres ? Y’en a partout, on ne les regarde même plus ! Mais quand, quelques jours plus tard, les politicards de tout bord montent au créneau pour démentir cette alarmante rumeur, Clovis se dit qu’il est peut-être temps d’enquêter ! Les pauvres et les sans-abri tombent en effet comme des mouches, décimés par une épidémie foudroyante… Le maire Bellérophon Espingole a beau s’égosiller pour minimiser cette étrange affaire, toute la ville est en ébullition… Quarantaine déclarée, routes fermées, état d’alerte sanitaire maximum… Marseille coupée du monde ! La tension est à son comble, le peuple gronde, les politiciens se déchaînent, les pauvres trinquent. Mais à qui profite donc le crime ?
Spéculation immobilière outrancière, rapacité de certains milieux d’affaires, terrible détresse et immense courage de ces déserteurs en 14-18, sans-abri en surnombre, société de consommation et pauvreté insolente, tels sont quelques-uns des thèmes que Maurice GOUIRAN, avec un clin d’œil féroce, aborde dans ce roman « PUTAINS DE PAUVRES ! ». Et bien évidemment, ça bouscule un peu… Point de grande Histoire dans cet opus, mais la réalité, toute la réalité, rien que la réalité ! En effet, ici, ce ne sont pas simplement les morts qui comptent et que l’on décompte, comme dans tout bon polar, mais plutôt les cons, les exploiteurs et les salauds qui ici, se ramassent à la pelle et qui, à son humble avis peuplent souvent nos villes ! Avec ce roman, Maurice GOUIRAN très en verve, attaque tous azimuts, dénonce la cupidité, la lâcheté et la rapacité de certains pouvoirs ! Vif, cinglant, engagé, Maurice GOUIRAN n’a pas son pareil pour mêler fiction et dure réalité… ! Un vrai bonheur, de ces bonheurs que l’on pourrait qualifier d’utiles, tant il est juste et essentiel que certains, comme Maurice GOUIRAN, « l’ouvrent » encore et encore !