JIGAL polar...
AccueilCatalogueActu, NewsletterContactContact
Recherche:
 Accueil > Interviews
   Interviews
Interview de DEL PAPPAS pour son 12ème polar "Bada d'Amour" par Jean CONTRUCCI La Provence



 

Gilles Del Pappas - Bada d’Amour
Jigal, oct. 2004, 206 p. 14€

 



Et de douze pour Del Pappas


J.C. : Le génocide du Rwanda qui déboule en plein Marseille, il n’y a que chez vous qu’on peut voir ça.

Gilles Del Pappas : Au point où je le raconte, c’est vrai. Il s’agit d’une invention romanesque. Mais j’ai rencontré des rescapés du génocide entre Hutus et Tutsis qui s’étaient réfugiés à Marseille. J’ai rencontré des gens qui ont adopté des orphelins rwandais. Il y a donc une répercussion “ marseillaise ” de cette tragédie. Le polar ne doit pas se priver de raconter le monde et ses drames. Et d’en révéler des aspects méconnus. Comme l’histoire du peuple Twa.

Parlons-en, alors

- Au Rwanda, la principale ethnie est celle des Hutus (80%). Le reste est Tutsi. Mais il y - ou plutôt il y avait - une minorité de Pygmées, les Twas. Le petit Jacob du roman est un Twa. Or, ces pygmées, ont été quasiment exterminés lors d’une premier génocide, dont on n’a pratiquement pas parlé. J’ai profité de l’occasion pour le faire.

Le polar devient donc un prétexte.

- Pas un prétexte, un moyen. J’aime bien parler des choses qui me touchent. Le génocide du Rwanda m’a bouleversé. Mais je ne suis pas un essayiste. Je suis un romancier. Je me sers de la formidable liberté qu’autorise le polar pour faire surgir l’Histoire dans mes petits histoires.

Voilà douze fois que vous mettez Le Grec en scène. Sans lassitude ?

Pas du tout. Je crois même que vous en aurez encore pour quelques années. J’ai des choses à lui faire dire, que je n’ai pas encore abordées. Et puis, l’un surtout me tient à cœur. Il s’intitulera Les cent femmes du Grec. Les femmes… la grande préoccupation de mon héros.

“ Bada d’amour ”. Comment faut-il entendre ce titre ?

Comme on le dit à Marseille. Le bada, c’est le supplément. C’est “ un petit peu plus ”. Le titre est donc “ Un peu plus d’amour ”. Ce monde en aurait bien besoin. On s’y tue trop souvent.

Y compris dans vos romans.

Oui, mais moi, c’est “ pour de rire ”. Je ne ferais pas de mal à une mouche.

On trouve dans Bada d’amour une séquence complètement délirante, où une sorte de “ Baron Noir ” sauve votre héros en l’enlevant dans les airs au-dessus de Marseille.

Je ne me gêne jamais pour inventer des situations hors du commun. J’ai déjà détourné le ferry-boat et creusé sous le Vieux-Port. Alors, pourquoi pas un enlèvement dans les airs ? Il faudra aussi que je pense un jour prochain à voler le Château d’If !

Des projets hors du Grec ?

Je tourne autour du personnage de Marius Jacob, né à Marseille, cer anarchiste de la Belle Epoque qui volait les riches pour restituer aux pauvres une partie de ses rapines. Quel roman que sa vie !

Jean CONTRUCCI




 


(c) Jigal 2005-2017 - Créé par Sourire-Sourire